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Randonnée sur la Traversée de Charlevoix

Randonnée Charlevoix : la traversée des montagnes à la mer

Sept jours de marche, une forêt boréale pour horizon, et notre chien qui ouvre la voie. De la Zec des Martres jusqu’à la mer à Saint-Siméon, on a traversé Charlevoix à pied, en quasi autonomie. Une randonnée sauvage sans être isolée, rythmée par les nuits en camping — et parfois, par le confort bienvenu d’un refuge. Le plus rare ? Ce sentier est accessible avec un chien, même en refuge, à condition de réserver. Un luxe au Québec. Et chaque jour, son lot de ruisseaux, de silence, de dénivelé… et de moments suspendus.

  • Itinéraire : Zec des Martres → Saint Siméon
  • Distance : 120 km
  • Dénivelé positif cumulé : environ 3250m
  • Durée : 7 jours / 6 nuits
  • Niveau : intermédiaire à soutenu (surtout avec portage)
  • Type : linéaire (prévoir un transfert ou deux véhicules)
  • Bivouac : uniquement sur plateformes (réservation via l’organisation de la Traversée)
  • Chiens : autorisés (même en refuge)
  • Période recommandée : juin à fin septembre
  • Dépôt de nourriture possible : à réserver avec l’organisation de la Traversée

Notre itinéraire de 7 jours sur la Traversée de Charlevoix

120km, D+3252m, D-4147m

Le sentier est bien balisé. Nous avons bivouaqué chaque soir près des refuges, sauf à Épervier et Uapishtan où nous avons bien profité du confort des refuges.

Jour 1 - Zec des Martres > Marmotte

20km, D+377m, D-777m

Le départ se fait à la Zec des Martres, au km 26,8 de la route 381. On longe d’abord la route de la Zec pendant quelques kilomètres, avant de s’enfoncer réellement dans la forêt. Une entrée en matière douce, ponctuée de lacs et de passages sur passerelles parfois glissantes. L’ambiance est tranquille, les repères se prennent.

La journée est longue mais fluide, avec un dénivelé négatif constant jusqu’au refuge Marmotte. Pour camper, on s’installe sur les plateformes près du refuge. L’eau se trouve à proximité, dans un ruisseau en contrebas : pensez à bien la traiter.

Jour 2 - Marmotte > Chouette

18km, D+876m, D-577m

Une étape plus sportive, avec plusieurs montées raides et de beaux points de vue sur les vallées boisées. Dès les premiers kilomètres, la montée se fait sentir. Le sentier s’élève, doucement mais sûrement, jusqu’à offrir les premiers points de vue dégagés. Une option plus technique se présente en cours de route : un détour balisé qui grimpe davantage.

On passe sous les lignes électriques, là où le réseau revient un instant, avant de replonger dans le calme. L’arrivée au refuge de la Chouette se mérite. Le site de camping, installé tout près, permet de profiter de la lumière du soir, les pieds posés, le réchaud en route. L’eau se trouve au lac voisin : limpide, mais toujours à traiter.

Jour 3 - Chouette > Geai Bleu

14km, D+258m, D-684m

On quitte le secteur de la Chouette par un sentier forestier agréable, ponctué d’éclaircies et d’un carrefour d’options. En chemin, une bifurcation permet de contourner — ou de gravir — la montagne de la Noyée

Le sentier croise brièvement une route — sortie d’urgence possible vers Saint-Aimé-des-Lacs — avant de replonger dans la forêt. On avance entre crêtes et vallons, jusqu’à apercevoir la rivière Malbaie en contrebas. Progressivement, les paysages s’ouvrent : c’est ici que débute le parc national des Hautes‑Gorges‑de‑la‑rivière‑Malbaie.

Le refuge du Geai Bleu se dévoile en lisière de rivière, niché entre forêt et relief. Le campement est, sans doute, le plus beau du parcours. La vue sur la rivière Malbaie est saisissante, surtout en fin de journée quand les couleurs se posent sur l’eau. On récupère le dépôt de nourriture, on puise l’eau au courant, et on savoure cette parenthèse.

Jour 4 - Geai Bleu > Coyote

17.5km, D+600m, D-230m

Le sentier s’enfonce plus loin encore dans la forêt. Plus de route, plus de pont, plus de parc national. Juste cette impression tenace d’être seuls, au cœur de la forêt boréale.
Ici, les arbres se referment parfois comme des murs. L’air est humide, les odeurs de mousse et de résine s’intensifient. On avance dans une sorte de cocon végétal — apaisant pour certain·es, presque oppressant pour d’autres.

La distance semble raisonnable, mais le terrain demande un effort constant. Ça monte souvent, sans qu’on s’en rende compte.

L’arrivée à Coyote marque une pause bienvenue. Le refuge apparaît entre les troncs, et les sites de camping se trouvent juste derrière. L’eau coule tout près, dans un ruisseau. La lumière décline vite sous les branches.

Jour 5 - Coyote > Épervier

19km, D+420m, D-546m

On quitte l’emplacement du Coyote dans la fraîcheur du matin, par un sentier qui replonge aussitôt dans la forêt. C’est une longue journée, sans difficultés majeures, mais où l’environnement impose sa présence.
La forêt boréale ici est partout, épaisse, serrée. Il faut parfois marcher longtemps avant de voir le ciel. Pas de sommet, pas de ligne d’horizon : juste une progression constante entre lichens, racines, et troncs noirs d’humidité.

On croise quelques ouvertures, une rivière, un silence plus vaste. Puis le sentier se referme de nouveau. Le regard se pose plus près, dans les détails. 

À l’arrivée, le refuge Épervier apparaît comme un vrai soulagement. Ce soir-là, on y retrouve un confort oublié : un toit, une table sèche, la chaleur du bois — et surtout, l’occasion de faire sécher nos affaires, humides depuis bien trop longtemps. La nuit sera profonde, réparatrice. Et cette pause à l’abri remet tout en ordre : les vêtements, les sacs… et les esprits.

Jour 6 - Épervier > Uapishtan

13.5km, D+371m, D-369m

Une courte étape, mais qui demande encore un peu d’effort. Le sentier monte doucement, longe des vallons, traverse des bois serrés où la lumière filtre à peine. Le cœur de la forêt boréale semble vouloir nous garder encore un peu.

Puis, au détour d’une dernière montée, le refuge Uapishtan se dévoile. Le cadre est paisible, ouvert, presque inattendu après tant de jours passés dans la densité. Et sur le devant du chalet, une terrasse en bois surplombe la vallée. On s’y installe sans se presser. Pour une fois, il n’y a rien à faire d’autre que de regarder.

Jour 7 - Uapishtan > Saint Siméon

18km, D+350m, D-927m

On quitte Uapishtan au petit matin. Encore un peu de forêt, encore quelques montées, mais déjà quelque chose a changé. Le sentier s’élargit, la lumière revient. Au bout de 200 mètres à peine, une trouée dans les arbres dévoile un premier point de vue sur la vallée. L’air semble plus léger, comme si la fin commençait à se faire sentir.

La journée alterne entre descentes soutenues et faux plats tranquilles. On traverse une érablière, un vieux chemin forestier, une ligne électrique qui ouvre brièvement le paysage. Et au fil des kilomètres, la mer se rapproche. Elle ne se voit pas encore, mais elle se devine.

Enfin, on atteint les hauteurs de Saint-Siméon. Un dernier panorama sur le fleuve, quelques lacets dans les bois… et la Traversée se termine derrière un café, au bord du Saint Laurent. Et avec un peu de chance, on peut même observer la dorsale d’une baleine au loin.

On s’assoit. On regarde en arrière. Et on réalise ce qu’on vient de traverser.

Budget pour 6 nuits / 7 jours sur le sentier de la Traversée de Charlevoix

 

 Tarif indicatif (par personne)
Accès au parcAccès SEPAQ (seulement pour le jour 4) : 10,10$

Camping (6 nuits plateformes)

139,7$
Refuges (6 nuits)320,7$

Repas (préparés soi-même)

Environ 75$

Dépôt de nourriture (Geai Bleu)

220$

Transfert de véhicule (Zec des Martres > Saint Siméon)

240$
Total EstiméEntre 684$ et 865$ selon les options choisies

💡 Le coût peut être réduit si vous transportez toute votre nourriture ou partagez les frais à plusieurs. Le transfert de voiture reste l’un des postes les plus chers mais aussi les plus pratiques.

Comment accéder au sentier de la Traversée de Charlevoix

  • Départ : Accueil de la Zec des Martres, accessible par la route 381
  • Arrivée : Saint-Siméon, sur la rive nord du Saint-Laurent (route 138)

Matériel conseillé

  • Trousse de premiers secours
  • Couverture de survie
  • Couteau suisse
  • Sifflet et boussole
  • Carte
  • Tente
  • Duvet
  • Matelas de sol
  • Chaussettes de rechange
  • Doudoune + imperméable
  • Gants
  • Bonnet & buffle
  • Lampe frontale
  • Batons de marche
  • Casquette
  • Crème solaire
  • Lunettes de soleil
  • Repas & collations pour 7 jours
  • Eau (2L par personne)
  • Pastilles de purification d’eau

Et pour les randonneurs à quatre pattes :

  • Harnais avec sacoches si possible
  • Nourriture répartie sur le parcours
  • Gamelle pliante
  • Tapis isolant
  • Serviette microfibre

Important : Les points d’eau sont nombreux mais il est nécessaire de la faire bouillir au moins 5 minutes ou d’utiliser des pastilles de purification.

Quand randonner dans Charlevoix ?

Mois

Conditions

Juin – Fin Septembre

Période idéale

Avril – Mai

Parfois encore enneigé, très boueux

Novembre – Avril

Très enneigé (possible en raquettes ou en ski)

🧊 Vous pouvez vérifier la météo à jour sur Méteo Media.

Nos conseils avant de partir

  • Réserver les plateformes de camping et les refuges le plus tôt possible (places limitées)
  • Ne pas sous-estimer le dénivelé (certains passages sont raides)
  • Prévoir un véritable système de filtration pour l’eau
  • Tester son sac à dos chargé en amont (poids, confort)

Liens utiles pour le trek

Il nous reste plus qu’à te souhaiter une belle randonnée ! 

Pour aller plus loin

Envie de découvrir d’autres grandes randonnées au Québec? Le sentier du Fjord dans le Saguenay ou La traversée de la Gaspésie sont deux belles options pour découvrir ce territoire autrement!

Ce contenu a été produit en partenariat avec la Traversée de Charlevoix, que nous remercions pour leur confiance.